vendredi 27 juin 2008

français en 2008? ou la fable du lion et de la luciole


C’était l’heure où les lions vont boire,

Quand le loup sort du bois.

Que toutes les bêtes de la jungle,

Croient respirer la fraîcheur

Qui choit mieux qu’ailleurs,

A la seule et unique source.

Entre deux pierres dans un coin,

Allègrement l’eau sourd, sur le sable

Blanc qu’agitent de petits tourbillons.

Le peuple assemblé de toutes les bêtes

Attendait que le premier d’entre eux

Lion de son état vienne boire.

Sans faire un instant la queue

Cette eau était libre et des millions moururent.

Pour lui servir son chant libertaire.

Et le lion prétendait goûter son fil de liberté,

Autant que les chants des troubadours,

Jusqu’au jour où les bestioles,

Enhardies par des rumeurs,

Se serrèrent à la tombée du jour,

Crurent pouvoir se parer de services, par elles rendues.

Mais le lion le prit fort mal,

Jamais, il ne comprit les gazouillis dans les taillis

Paroles cris et chuchotements le flattaient, au fond des bois.

Un ministre lettré lui rapporta que Tristan voulait une loi.

Afin qu’ils pussent mieux se complaire.

Comment rugit-il se peut-il que je ne sois pas dieu ?

En mon parler ne veuille ergoter pour m’en flatter mieux.

Un perroquet académicien, un sénateur cholesterique,

Dirent : « plutôt parler anglais » plutôt aller en Amérique

Ils ricanèrent : sire ils nous méprisent. Ouvertement.

On appela un vieux lion, à la langue de veau, tombé du trône,

Qui se souciait de diversité, depuis qu’il n’était plus rien

Qu’un vieux lion édenté.

Il donna son avis péremptoire, que rien ne pouvait plus être fait.

Sauf peut-être un suppositoire, avec du vin pour l’avaler

Servi dans une sous tasse avec la cuillère à café

Alors le peuple des charmilles se trouva pris d’une tristesse

Que même en montrant ses fesses une lionne ne put estomper.

On croyait être libre comme le vent, soudain on cogne une frontière,

Imbéciles et tout puissants, à vous s’adresse notre prière.

Puis, ma rage tombât tiédie, comme feue sous la cendre ;

Au fond me dis-je, la source n’en finira jamais de cascader ;

Le peuple des ombres de s’agiter, et même les farfadets .

Les lucioles, les étoiles filantes, jamais, ne sauront être franc(h)isés.

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