dimanche 13 février 2011

Muret la trahison triple , fabriquation de l'histoire, Occitanie


On dit que les crimes et atrocités étaient « courantes » à cette époque , qui ne manquait pourtant pas de foi.

Que les massacres , les tortures lors de croisades étaient déplorables mais habituels , venant d' êtres , somme toute frustres, qui pouvaient se livrer, parfois, à des actes de cannibalisme sur des bébés chrétiens, (lors du sac de Constantinople,par exemple ) à l'occasion d'une malheureuse croisade , soutenue le regrette pape Innocent III, de la famille des Conti-Anici-Leotarius, Innocent III pape sans avoir été nommé prêtre, pape de père en fils, qui décide de faire d'un roi nommé par acclamation d'un capétien usurpateur son bras armé , en face de l'empereur germanique héritier de Justinien.

Bref des mœurs et des pratiques révolues. Le Moyen Age c'est le passé avec ses crimes horribles. Des dégats collatéraux en quelque sorte.

Mais où range t-on les chambres à gaz , les bombardements avec l'agent orange sur le Viet Nam, avec ce bon vieux Rond Up, qui justifie à lui seul la culture OGM.

Comment fait-on pour justifier la morts de millions d'esclaves? La mort de millions de combattants de la liberté?

Des massacres récents sur lesquels nous refusons de passer l 'éponge, justifient-ils l'effacement de massacres antérieurs, has been ? Au nom de mœurs brutales qui ne seraient plus qu'un lointain souvenir.... Car aujourd'hui on ne massacrerait plus à la machette?.A la mitraillette? Au napalm?


Avant de parler de la mascarade de la Bataille de Muret le 12 Septembre 1213 il faut bien définir le contexte et le vocabulaire:

L'armure du chevalier du Moyen Age.

Elle se compose d'un heaume c'est à dire un casque de quatre à cinq kilogrammes rond et aplati sur le dessus et d'un pare nez.

Dessous le camail , une coiffe en anneaux de fer qui recouvre le crâne.

Sur le corps , par dessus les habits, le gambison de laine et de cuir qui protège des frottements rudes de la cotte de maille . Le gambison pèse quatre à cinq kilogrammes.


La cotte de maille, elle , est constituée par le maillage étroit d'anneaux de fer , c'est une robe de fer, qui descend jusqu'au genoux . Il existe aussi des protections pour les bras , et les jambes....

Le chevalier porte l'épée qui pèse quatre à cinq kilogramme .

Normalement un chevalier équipé de son armure pèse quarante kilogrammes de plus. Son cheval porte lui aussi des protections, constituées de plaques de fer. Tant et si bien que le destrier ne peut avancer qu' au pas.... Jusqu'au champ de bataille . Souvent même deux écuyers doivent aider le chevalier à enfourcher sa monture.

Souvent même le chevalier se rend sur le champ de bataille avec un second cheval, plus léger, afin d 'épargner celui qui va combattre..

Vous imaginez les préparatifs.

Bref la préparation d'un cheval et de son Chevalier demande plus d'une heure.

MORALE ETHIQUE: le chevalier est un homme qui doit se conduire avec honneur. Un « détail » qui a son importance pour ce qui n'ont pas le sens en question.



LA BATAILLE ENTRE « CHEVALIERS » le scenario est précis car la préparation prend beaucoup de temps . Il s'agit d'apprécier la bravoure d'un homme qui a le sens de l'honneur . Les chevaliers doivent se rendre sur le pré et se mettre en ordre de bataille. Ces préparatifs fastidieux supposent qu'ils ont convenu , à l'avance , implicitement du lieu du champ de bataille. Dans le Muret actuel le champ de bataille se situe dans la plaine d' « Aragon », ce qui est bien vague , mais qu'il semble possible de circonscrire au rectangle qui se trouve entre la CAF et le cimetière .

En théorie , au moment convenu « implicitement », fièrement chaque corps prend place , avec ses bannières, ses écus , ses armes de toutes les couleurs .

Il est important pour chaque camp de connaître les armes de son vis à vis.

Les armées s'alignent l'une en face de l'autre . Les chefs restent en retrait avec la réserve .

Puis au signal, les chevaux lourdement chargés se font face et s'avance au pas, au début, puis au petit trot vers les lignes ennemies. Puis quand elles ne sont plus distantes que d'une centaine de mètres , elles s'élancent au galop.

Et c'est à qui fera la preuve de son mérite. Devant sa dame c'est plus beau. Pour mériter le nom de brave.


Les fantassins: ils n'ont aucun rôle , à part dans les travaux de fortification ou de pillage. Le chiffre de 40000 piétons toulousains ne veut rien dire à cette époque.... La bataille ne concerne que les Chevaliers....


La BATAILLE DE MURET :

La bataille de chevaliers n'a rien à voir avec la bataille de Muret du 12 Septembre 1213. La bataille de Muret n'est pas une bataille de chevaliers. C'est une embuscade.

Il ne sert à rien de vouloir reproduire la bataille supposée de chevaliers à l'occasion du huit centième anniversaire.... Car ce ne fut pas une bataille de chevaliers.


Que disent les différents chroniqueurs?

Montfort arriva à Muret le soir. Les chevaliers voulaient combattre sur le champ mais ils les en empêcha.

Pierre II d'Aragon interdit au Toulousains de poursuivre l'offensive la veille , car il est certain de vaincre Montfort , dans la plaine.

Pierre II disposerait 1900 cavaliers.

Simon de Montfort de 900 cavaliers.

Lors du briefing Raymond VI propose de se retrancher derrière des défenses naturelles sur lesquelles Simon viendra s'écraser.

Il paraît qu'il sera traité de lache par les chevaliers espagnols , catalans , aragonais .


Toute la nuit Simon de Montfort va réfléchir à la meilleure tactique . Avec les pères de l'église.

Et on lui donne la clef , un chemin incroyable qui serpente dans les marais... Ou sont-ils ces marais?

Au matin du 12, les chroniqueurs rapportent que les toulousains attaquent les portes de la cité pourtant « restées ouvertes » ?

Vers midi les alliés retournent dans leur camp pour manger.

Des évêques , des émissaires se rendent sans cesse , depuis le matin dans le camp de Pierre II pour lui demander de cesser de soutenir le comte hérétique et de revenir à la vraie foi.

Un chroniqueur rapporte qu'on entendait le bruit des toulousains attablés.... ( cela pour ceux qui situent la bataille à Terrery, c'est à dire au diable).

Toute la matinée l'envoyé du légat du pape qui porte pourtant la coiffe reconnaissable du légat du pape supplie Pierre II de rejoindre le saint pape , mais le roi en a assez de ces arguties et le repousse. Et ce saint se fait bousculer par des énergumènes, car les troupes en ont assez de voir défiler les gens d'église..

Peut-être soupçonnent t-ils un piège ?

Dans la tour Prime , les évêques , les archevêques du midi, prient en cadence et poussent leurs jérémiades. Ils bénissent à tour de bras les assassins.

Soudain un espion vient avertir Simon de Montfort que Pierre II vient de se mettre à table....

Les évènements s'accélèrent.

Pierre II s'est débarrassé de sa cotte, de son heaume, (voir l'armure d'un chevalier) il est las de l'attente , imposée par l'arrivée perpetuelle de négociateurs , Simon de Montfort n'est pas venu combattre . Et sans arrêt des gens d'église défilent devant la tente de son ami Mataplana , pour lui prêcher la soumission , la raison. De toute façon se dit-il : la bataille n'aura lieu que cet après midi, dans la plaine.

Et alors qu'il peut enfin s'assoit pour se désaltérer , l'envoyé du légat enlève son bonnet et se prosterne à ses pieds une dernière fois. Pierre pense qu'il est fou. Sauf que de la tour Prime on a bien perçu le signal.

Pierre II ignore qu'il est exposé en proie. tel un bernard l'ermite sans sa coquille, sans son armure . Il mange.

La bataille aura lieu à midi. L'église va faire basculer le cours de l'histoire.

Dès lors que le signal est donné. Un espion court aussitôt près de Simon de Montfort et l'informe que le roi s'est mis à table.. Simon de Montfort arrête d'un geste les prières des gens d'église . Il dit:
  • vous voyez bien que tout cela n'avance à rien . Que le roi ne veut pas entendre raison.

Il fait fermer les portes de la ville .

La bas l'envoyé de Foulques vient d'enlever sa mitre.

Tous les alliés sont à table à présent. Les abords de la ville sont presque déserts. Il ne faut plus perdre une seconde..

Simon de Montfort , le comte chevalier va renoncer une fois de plus à sa parole de chevalier.

Il a divisé son armée en trois .

Car il sait qu'il n'a aucune chance dans un combat loyal. A défaut de le tuer dans son sommeil , ce roi qui est au cul des putes , comme il l'a lu dans une lettre, il va le tuer pendant son repas, alors qu'il est désarmé, et qu'il n'aura jamais le temps de rameuter, d'organiser ses troupes. Et l'église l' absout deja de cela , il est déjà pardonné de ses crimes et de son déshonneur.Les historiens français retiendront que Pierre II d'Aragon , épuisé par une nuit d'orgie avec des putes, et donc par sa vie dissolue, était incapable de résister à la furia française.... La vérité est ailleurs...

Que nenni . Simon de Mont fort est un lâche qui refuse le duel d'homme à homme. Et un porc nous l'avons déjà vu , pour ce qu'il fit de Geralda de Lavaur , de Roger Trencavel, de Beziers ....

En comparaison Pinochet est un assassin ordinaire, Franco un bouffon.

Car cet homme raisonnait en dictateur , dans les statuts de Pamiers , il définit l'habillement « normal » de l' "albigeoise", il a son mot à dire lors des mariages. Il choisira le mari de chaque femme issue de la noblesse. Il s'agit d'exterminer la noblesse du midi. Ce sera au profit de ses amis barons venus de la doulce France... Et saint Dominique va l'aider longtemps dans sa tache civilisatrice de rénovation morale...

Un cureton du coin va lui montrer le sentier qui chemine à travers les marais de l'ancienne Louge. Les gens d'église le conseille ardemment , Montfort n'ose pas y croire , mais cela paraît lumineux , il va suivre ce chemin , et déboucher tout droit sur le camp, dans le camp de Pierre II , alors que celui ci est en train de se goinfrer en compagnie de ses putes ....Qu'il a déposé son armure...

Ils n'ont pas mis de gardes rapportent les chroniqueurs , tout simplement parce que la bataille doit se dérouler selon les règles de la chevalerie... Dans la plaine. A condition que chacun connaisse les valeurs de la chevalerie. Mais ce n'est pas le cas.... Simon de Montfort n'en a cure. L'histoire française retiendra son génie stratégique et la débandade toulousaine. ...Sauf que Montfort est étranger au pays des chevaliers. .

Retro: où sont ces fameux marais que signalent Mr Delpech et Mr Dieulafoy.

Ils sont loin du côté de Terrery ...????

Pour retrouver la trace de ces marais il faut suivre l'ancien cours de la Louge qui passait peu ou prou le long du chemin de la Pradette , c'est à dire le long de la voie ferrée.

Tout l'espace compris entre la voie ferrée et le chemin de « Peyramond » à partir du cimetière était un marécage. La Louge avait été détournée à deux reprises , afin de longer les fortifications de la ville.. Selon les archives municipales

Il restait en 1213 les fossés profonds, de l'ancien lit de la Louge , pareils à ceux que l'on peut voir encore de nos jours dans la ZI de Joffrery (du côte du magasin Toys ....)

Le chemin qui menait droit sur le camp de PierreII à traver les marécages semble bien être le chemin Notre Dame qui longe le cimetière actuel. Le camp royal devait se trouver au niveau des Assedic et celui de Raymond du côté de l'ancienne briqueterie de Ronde Oustau , avenue de « Peyramont »...



L'histoire dit que Simon de Monfort sort avec son armée le long des allées Niel actuelles, par la porte de Salles. Il va jusqu'au bout de l'esplanade , en longeant les fossés . Ce faisant chaque cavalier peut situer la position de Pierre II.

En se retournant il donne l'impression de fuir.

Seconde bravoure chevaleresque française , donc les 900 chevaliers rebroussent chemin et repassent la porte de Salles (l'hospice) , mais ils ne prennent pas en direction du pont de la Garonne. Ils longent par la giberne, la fortification à l'abri des regards, et reviennent al vièlh castèl... Ils passent la Louge côté mairie et sortent rive gauche. Toujours dissimulés , ils gravissent les pentes du parc Jean Jaures. Et piquent droit rue Frederic Mistral , passent l'ancien lit abrupt de la Louge au niveau de la gare , longent le sentier Notre Dame qui traversent les marais. Et débouchent sur la tente où se trouve le roi.

Le messager papal a montré clairement où il se trouvait.

Le roi est nu , sans armure. On crie? A l'alerte! Incroyable les français attaquent . Au mépris de toutes règles de chevalerie. Un ami lui prête sa cotte. Il la passe sans avoir le temps de mettre le gambison. Il pourrait se cacher rester anonyme. Mais il ne refuse pas la cape .

Pendant ce temps là les toulousains qui entendent le bruit de la bataille (pour ceux qui la situeraient encore à Terrery) ne doutent pas de la victoire de Pierre II,. Foulque l'archevêque de Toulouse qui « observe » la bataille de haut , et connaît déjà l'issue leur conseille de se rendre. Mais les toulousains se moquent des conseils du troubadour défroqué.

La piétaille de Simon, sort de la forteresse pour dépouiller les corps (le roi sera retrouvé nu. (Pour ceux qui situe la bataille au niveau de la DDE, c'est bien loin pour un piéton).

Ils se trompent ces toulousains . Ils seront massacrés par la cavalerie de Montfort quand elle reviendra en direction de la ville après l'embuscade . Ils pourchasseront tout l'après midi les trente mille toulousains accourus pour assister à une joute royale et loyale .

Il n'y eut pas de bataille, seulement un roi pris à la gorge , avant d'avoir pu « manger trois bouchées de pain ». Les paroles mêmes de Montfort comme le rapporta Mathieu Paris ....Ou comme il le déclara en apprenant par un espion-prélat que le roi venait de passer à table : « je lui porterai le premier plat » .

L'honneur?

Rien en regard de cellui de Pierre II qui osera crier qu'il est roi et chevalier en face de son assassin. L'assassin c'était le beau frère de Simon, l'assassinat , une histoire de famille .


En 2013, nous ne pouvons pas singer une bataille de chevaliers , et célébrer ainsi la fougue et le génie guerrier de Montfort , mais célébrons l'honneur de Pierre II, et rappelons la descente aux enfers de traîne sabres, adoubés par un pape qui se prenait pour Dieu.



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