lundi 4 juin 2012

le livre des lumières . Dels grands jorns. Le ciel J Bodon.



LOS SEGLES DE LA LUTZ OCCITANA

CAPITOL 5 revirada del libre dels grands jorns de J BODON.

LO CEL

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J'ai piétiné , devant la porte de l'Excelsior. Je venais à peine de m'extraire de mon lit. La matinée s'avançait doucement .
Où pouvais-je bien aller? Pendant tous ces jours , pendant tous ces jours immenses dont je me retrouvais le seul et unique maître, que pouvais-je bien faire de cette liberté? Il s'agissait de mes propres « grands jours » en Auvergne si l'on peut dire. Pendant que le ciel était encore bleu et l'horizon clair pour moi . Je devais me donner du plaisir une dernière fois.
Il avait bien le goût de la pourriture ce plaisir. De quoi donner l'envie de se rincer le gosier, au premier bar venu . On me servit du vin passable , à peine buvable.... Seul au comptoir mais pour quelques instants seulement. La fille vêtue de vert vint droit sur moi. Depuis le temps qu'elle me couvait celle là: « allons, un peu de courage! » me suis je dit ...
Pourquoi pas. Celle là ou une autre . «  Qu'est-ce que vous prenez? » lui dis je. Elle opta pour un Dubonnet et nous sortîmes.
-Mais non , mais non. Avance dans le couloir . Dans le fond tu trouveras bien l'escalier...Tu comprends , moi , il me faut passer au bar... »
J'enfilai le corridor. Une progression dans l'obscurité la plus totale, le carrelage froid. Je n'eus pas le culot de partir en éclaireur. Je m'immobilisais. Derrière moi soudain un porte s'est ouverte .La fille reparut et me donna le bras, tout en me susurrant dans l'oreille:
- »je crois que nous avons tout notre temps. La porte n'est pas libre. Mais qu'importe, dans le couloir à l'étage , en attendant on pourra commencer... »
Dans le couloir haut il n'y avait personne. Sauf deux portes fermées à clé. En passant dvant la première la fille fit « chut!... » un doigt sur la bouche. Elle passa à l'autre. Elle cogna:
« et alors? Demanda t-elle.
-Il y arrivera bientôt!.... » répondît une voix de femme. Et il y eut un éclat de rire interminable.
La fille se recula sans me lacher le bras:
« tu seras gentil hein , répétait-elle. Et moi aussi je serai très gentille avec toi... »
Ce qui me faisait le plus honte , c'était d'entendre ce rire derrière la porte. Et de me demander quand il sortirait , qu'il passerait devant moi , lequel des deux baisserait les yeux ?
IL la pétrissait maintenant dans la chambre. Alors j'éprouvais le besoin de m'écarter de la fille. Elle sentit ma répulsion. Elle se mit à nouveau le doigt sur la bouche: « chut...!... ». Elle retourna à la première porte. Elle l'ouvrit d'un coup et me poussa dans la pièce en disant: « attends ici quelques minutes... »
Mais elle même n'entra pas. Elle referma la porte .
« Bonjour l'ami. Si nous nous rencontrons partout, nous nous retrouverons aussi au Paradis... »
C'était encore lui. Il me tendait la main. Le curé de « Foncotut » . Je le regardais sans répondre.
Je me trouvais dans une chambre aux fenêtres obturées. En fait c'était une chambre de passe. Dans un coin , il y avait un lit : avec un édredon de couleur rouille et une couverture grise. Et il y avait sur ce lit et non sous la couverture , une femme allongée.
Le « curé » lui aussi s'est mit un doigt sur la bouche : « chut...! » La femme ne semblait pas remarquer notre présence. Elle se tenait les mains jointes sur le drap aux couleurs fanées et serrait entre ses mains un petit gâteau noir . Elle gardait les yeux ouverts mais ses lèvres demeuraient immobiles.
Comme elle était maigre et blanche!...
« Je l'ai confessée , dit le curé à voix basse. Maintenant elle peut mourir.... »
J'en restais abasourdi . Enfin la porte s'ouvrit. La fille vêtue de vert passa la tête et dit :
«  viens , ils nous ont laissés la place chaude ...
  • va faire ton affaire, reprit alors le « cure ». On se retrouvera après, au bar en bas... »
La fille il me fallut bien la suivre. Il me fallut bien trouver le courage. La chambre était la copie de l'autre. Sauf qu'il n'y avait pas le moindre édredon sur le lit , et seulement une couverture.
« tu serais bien aimable , toi, de me dire quelle est cette femme qui se meurt dans la pièce voisine?
- une compagne :  Maité . Nous n'avons pas voulu l'abandonner à l'hôpital , mais voilà qu'elle bloque une chambre . C'est ainsi que ....
- mais le « curé » ?....
  • ah mais toi aussi , tu sais que c'est un « curé ». Mais tu es des nôtres alors. A qui pourrions nous , nous confesser, s'il n'était pas là...
  • mais pourquoi se confesser?
  • Pour aller au ciel. Tu ne veux pas aller au ciel toi, comme Maïté?... »

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